Laurence Gravel
Biographie
Laurence Gravel est une artiste en arts visuels et travailleuse culturelle originaire de Baie-Saint-Paul, dans Charlevoix. Elle vit et travaille à Québec. Elle est titulaire d’un baccalauréat en arts visuels et médiatiques (2018) ainsi que d’une maîtrise en arts visuels (2024) de l’Université Laval.
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Depuis 2017, elle a présenté plusieurs expositions individuelles, notamment Descendre en bas (Critérium, 2025), Le roi est chauve (Espace Quatre Cents, 2024), Les Liaisons dangereuses (À l’est de vos empires, en ligne, 2020) et Versailles-Chantier (Bibliothèque Jean-Charles Bonenfant, 2019). Elle a également présenté son travail dans des expositions collectives, dont Arrière-salles (Le Lieu, 2024), un projet de Baron Lanteigne, et Rejouer : la matière en trois temps (l’Œil de poisson, 2023), commissariée par Marc-Antoine K. Phaneuf.
Elle a réalisé de nombreuses performances, parmi lesquelles Souriez, vous êtes filmé.es (Arrière-salles, Le Lieu, 2024), Comme Laurence (Risques Calculés, Le Lieu, 2023), Je n’ai jamais payé pour un fromage (The Listening Biennial, Université Laval, 2023) et Que devient la femme de Joe Dassin ? (Cabaret audio, Avatar / Mois Multi, Espace Quatre Cents, 2023). Son travail performatif a également été présenté à LEGS, dans les villes de Québec, Montréal et Rimouski. En 2026, elle réalisera une tournée de performances en Amérique latine à La Cápsula au Mexique et à GALPON F.A.C.E. en Argentine, et participera à Live Action en Suède en septembre 2026.
Son parcours a été soutenu par plusieurs bourses, dont cinq bourses de projet et de mentorat de Première Ovation, une bourse du Conseil des arts de Montréal dans le cadre de ARTCH – Art contemporain émergent, ainsi que la bourse de la Fondation René-Richard, qui lui a permis d’occuper les laboratoires de La Bande Vidéo pendant deux ans. En 2021, elle a été nommée relève en arts visuels aux Prix d’excellence des arts et de la culture de Québec.
Également, elle est engagée professionnellement dans le milieu culturel. Elle travaille comme adjointe administrative chez Folie/Culture et comme accompagnatrice artistique au sein du programme Vincent et moi Institut universitaire en santé mentale de Québec (IUSMQ).
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Démarche
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Laurence Gravel est une artiste multidisciplinaire, performative et expérimentale. Elle développe sa pratique à partir de la rencontre entre culture populaire, références historiques et contextuelles, et crée des espaces de réflexion à la fois critiques et comiques. Ses projets prennent forme à travers des médiums matériels et immatériels, oscillant entre manipulation de la matière et démarches conceptuelles. Elle investit des formes variées comme la vidéo, l’installation, la photographie, la performance, l’action, la sculpture, l’écriture et la collection, qu’elle aborde comme des espaces d’expérimentation.
La performativité occupe une place centrale dans son travail, tant dans l’action que dans l’objet. Elle active des objets porteurs d’un potentiel performatif, soit par leur charge conceptuelle, soit par l’attention minutieuse portée à leur élaboration. La performance lui permet de déplacer le quotidien vers des situations signifiantes et d’en proposer une lecture poétique, où le banal devient révélateur de l’expérience humaine et de dynamiques sociales souvent invisibles.
Son corps, sa présence et l’autoreprésentation sont des outils essentiels. Elle se met en scène ou incarne d’autres identités féminines pour interroger la féminité, ses constructions sociales et symboliques, ainsi que ses rapports aux choses, aux normes et au monde. Cette posture favorise une exploration de l’émancipation individuelle et collective, tout en brouillant les frontières entre sérieux et humour, introspection et jeu.
Elle aborde l’échec, l’abandon et le risque comme des moteurs de recherche, des lieux de friction avec le réel qui ouvrent sur la valeur de l’erreur. Cette démarche s’inscrit dans ce qu’elle nomme une «â€¯poésie de la distance », où le décalage, l’humour discret et la mise à l’épreuve des situations déplacent les points de vue, créent des liens avec l’autre et permettent d’aborder des réalités sensibles sans les exposer frontalement.​